Chavagnes : vingt-cinq ans de prière, de persévérance et d’espérance

Ferdi McDERMOTT, Directeur de CHAVAGNES INTERNATIONAL COLLEGEFerdi McDermott, Headmaster et Fondateur

Bâtir le renouveau de l’éducation catholique en France

Depuis quelques années, on sent un nouvel élan autour du renouveau de l’éducation catholique en France.
De beaux projets émergent, soutenus notamment par Pierre-Édouard Stérin et la Fondation STEMA, portés par l’espoir de redonner à nos enfants une formation enracinée dans la foi, la culture et l’exigence intellectuelle.
L’Académie Saint-Louis de Chalès, par exemple, incarne cette volonté d’allier excellence académique et vie spirituelle, en s’inspirant parfois de modèles anglo-saxons.

Ce dynamisme est une bénédiction.

Mais il est important de rappeler que ce mouvement ne commence pas aujourd’hui.
Il s’appuie sur un travail patient, parfois héroïque, de pionniers qui, depuis vingt-cinq ans, ont maintenu la flamme vivante malgré les difficultés.

Parmi ces pionniers, quatre écoles marquent la première vague du renouveau éducatif catholique en France. Il y a eu d’autres projets, y compris certains conduits par des instituts religieux, mais je voudrais plutôt évoquer quatre établissements similaires, qui revendiquaient une différence par rapport aux écoles privées s’inscrivant dans la pure tradition franco-française. Chacune fut fondée par un laïc catholique:

  • L’Institut Croix-des-Vents à Sées (Normandie, 2001),
  • Chavagnes International College (Vendée, 2002),
  • Le Collège Frassati (Vosges, 2007),
  • L’Académie Musicale de Liesse (Aisne, 2014).

Chacune, à sa manière, a cherché à restaurer l’idéal d’une éducation libérale chrétienne, intégrant la vie communautaire, le sport, la musique, la prière et l’excellence scolaire, souvent selon un modèle “britannique”.  Qu’ils en aient eu conscience ou non — et dans le cas de Chavagnes, ce fut tout à fait délibéré —, ils ont été profondément influencés par l’enseignement du cardinal Newman et les réformes éducatives du Dr Thomas Arnold au collège de Rugby. La fécondation croisée entre les philosophies éducatives anglaise et française (Arnold, Newman, Edmond de Molins, les frères Charlier, Baden-Powell et le Père Sevin) mériterait à elle seule un autre article. C’est un sujet assurément profond …

Mais en avril 2025, hélas, le Collège-Lycée Frassati a été contraint de fermer ses portes, par décision administrative.
Ce triste événement rappelle combien ce type d’initiative reste fragile et exige un engagement total.

Aujourd’hui, alors que de nouveaux projets voient le jour, il est essentiel de soutenir et d’honorer ceux qui ont ouvert la voie au prix d’efforts silencieux et souvent méconnus. Dans cet esprit, je voudrais vous dire quelques mots de nos combats, de nos joies, de nos expériences et des leçons que nous avons tirées à Chavagnes.

Les débuts : semer malgré les vents contraires

Lorsque nous avons fondé Chavagnes en 2001, pour ouvrir aux élèves en septembre 2002, il existait très peu de conscience publique en France que l’on pouvait créer des internats catholiques d’inspiration classique.

L’Institut Croix-des-Vents, fondé à peu près au même moment par Benoît Maisonneuve, avait investi l’ancien petit séminaire de Sées — un bâtiment que nous avions aussi visité quand il était toujours sur le marché. Nos deux projets sont nés presque simultanément, chacun reflétant à sa manière le rêve d’une éducation où la foi et la culture ne seraient pas opposées, mais profondément alliées.

Par la suite, Patrick Girard, fondateur du Collège-Lycée Frassati, est venu visiter Chavagnes avant ou juste après l’ouverture de son établissement dans les Vosges. Plus tard, Vianney Chatillon est venu également, inspiré par notre tradition musicale et liturgique, avant de fonder l’Académie Musicale de Liesse

C’était une petite vague, déterminée et audacieuse.
Nous travaillions sans grands moyens, sans mécènes influents, et avec une marge d’erreur extrêmement faible. Et les quatres établissements ont chacun connu un certain nombre de défis … 

À Chavagnes, la vie quotidienne s’organisait — et s’organise toujours — autour du rythme de la prière, de l’étude, du sport et de la vie communautaire. C’est ça l’essentiel, le génie de notre projet, à mon avis.

Deux décennies de dialogue, de défis et de persévérance

Notre chemin n’a pas été sans embûches.

En 2005, je reçus une lettre de Madame le procureur de la Roche-sur-Yon m’annonçant la fermeture immédiate de l’établissement. Sans avertissement, sans enquête préalable.
Je répondis respectueusement, exigeant une clarification juridique et sollicitant communication des pièces administratives. Presque vingt ans plus tard, aucune réponse ne m’est parvenue.

Peu après l’élection de Benoît XVI, un agent des renseignements généraux est venu en « visite amicale ». En réalité, il s’agissait de vérifier l’absence de “dérives sectaires”.
Nous avons parlé des finances, du programme d’études, de la liturgie.
Je mentionnai mon amitié ancienne avec le cardinal Ratzinger, maintenant le Pape Benoît XVI, ce qui sembla le rassurer.  À la fin, bien qu’il eût promis de ne pas constituer de dossier, il admit qu’il ferait un rapport — favorable, heureusement.

Aux alentours de 2010, autre épisode :
le Rectorat de Nantes nous informa que tous nos enseignants devaient désormais détenir un Master 2, sans quoi ils seraient interdits d’enseigner.
Je sus immédiatement que cette exigence concernait uniquement les nouvelles nominations dans le public.
J’adressai une demande de clarification : aucune réponse.
Et l’affaire s’éteignit d’elle-même.

En 2013, la mairie locale voulut tracer une route à travers notre parc, ce qui aurait coupé l’école de la campagne environnante et gravement compromis sa sécurité et son environnement. Avec l’appui de notre communauté et l’avis favorable du commissaire enquêteur (qui a autorisé l’emplacement réservé dans le PLU, mais a rendu très explicite que ce projet mettrait certainement fin à notre activité et déclencherait une facture massive pour nous dédommager …) le projet fut finalement abandonné, non sans tensions.

L’affaire URSSAF : défendre l’esprit de service

En 2006, nous avons subi une lourde inspection de l’URSSAF.
Nos bénévoles — jeunes diplômés, retraités, amis — qui aidaient sans rémunération, furent requalifiés en “travailleurs dissimulés”.

Le problème vient de la situation juridique des bénévoles en France :
la loi exige une absence totale de subordination et une spontanéité difficile à concilier avec la vie quotidienne d’une école.
Historiquement, l’État français a toujours regardé avec suspicion les initiatives privées dans les domaines de la santé, de l’éducation et du social, préférant en garder le monopole.

Depuis, le Service Civique a été instauré en 2010 pour pallier ces contradictions.
À Chavagnes, nous accueillons aujourd’hui des volontaires du Service Civique ainsi que des bénévoles de courte durée, tout en respectant scrupuleusement les exigences de protection de l’enfance (transmission systématique des pièces d’identité au Rectorat).

À l’époque, l’URSSAF exigea 160 000 euros de cotisations.
Nous avons contesté et obtenu un procès au Tribunal de Grande Instance de La Roche-sur-Yon.

Les juges, avec beaucoup de réalisme (et d’humour), reconnurent que Chavagnes n’était pas seulement une école, mais un lieu d’accueil religieux.
Mon engagement, celui de ma mère et celui de nombreux bénévoles furent pleinement reconnus.
Je fus totalement relaxé.

Mais le combat fut rude, coûteux, et révélateur de la vulnérabilité de petites institutions comme la nôtre.

S’adapter aux nouvelles tempêtes : COVID, Liban, Ukraine

Chavagnes students in the laboratoryLa crise du COVID-19 fut un séisme.
Nous avons dû fermer, puis rouvrir avec seulement onze élèves externes et neuf pensionnaires.

En 2021, après l’explosion du port de Beyrouth, nous avons tendu la main au Liban, accueillant gratuitement une douzaine de jeunes garçons.

En 2022, après l’invasion de l’Ukraine, nous avons fait de même :
accueillant plus de quarante-trois jeunes Ukrainiens, parfois accompagnés de leurs mères.

Ce geste de charité attira l’attention des autorités : 4 mois après une visite périodique de la Comission de Sécutité avec avis favorable, et suite à une visite réussie de l’Académie de Nantes en 2021, une  inspection massive en mai 2022 d’une douzaine d’agents, fonctionnaires, etc, avec contrôle sanitaire, entretiens sociaux, Commission de Sécurité, distribution de préservatifs aux jeunes, même de 10 ans par la Croix Crouge, installée pour l’occasion dans des pavillons temporaires sur la cour d’honneur …
Le tout dans une atmosphère tendue. Et le tout sur un seul et même après-midi …

Au final, les retours des travailleurs sociaux furent positifs, même admiratifs …
Mais nous héritâmes de nouvelles contraintes : diagnostic complet du site, lourds travaux obligatoires, pression administrative renforcée.

Ce que j’ai appris

MAss in Chavagnes ChapelJ’ai beaucoup appris au cours de ces vingt-cinq dernières années, et avoir appris dans une école n’est pas une honte. C’est, après tout, la raison d’être d’une école. Avec le recul, donc, je comprends mieux.

Il est facile, face aux pressions répétées, de tomber dans une mentalité « eux contre nous ». En anglais, on dit “Us and them”.
Mais ce serait une erreur.

La plupart des fonctionnaires que nous avons rencontrés étaient de bonne foi. Ils sous-estiment parfois la fragilité des petites structures, ils ne pèsent peut-être pas assez leurs actions, leurs paroles, mais leur mission est légitime, voire essentielle, même salutaire.

De notre côté, il faut éviter un complexe de martyr. La fidélité à notre mission passe par le dialogue, la patience, la rigueur professionnelle.

C’est ainsi que, peu à peu, les incompréhensions se dissipent et que l’œuvre s’affermit.

Notre force, c’est la prière au cœur de notre vie scolaire, cette prière que l’extérieur comprend parfois mal, mais qui anime tout ce que nous faisons.

Le défi d’aujourd’hui — et un appel

Aujourd’hui, Chavagnes traverse un moment critique.
Nous devons réaliser des travaux indispensables, pour un coût de 600 000 euros, sans lesquels notre avenir serait compromis.

Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir.
Mais nous avons besoin d’aide.

Si vous croyez, vous aussi, qu’une éducation enracinée dans la foi, la culture et le service de la vérité est précieuse,
alors je vous invite à nous soutenir.

Par la prière, la persévérance et la confiance, nous pouvons continuer cette belle aventure.
Non dans l’amertume, mais dans la gratitude, l’espérance et le service des générations à venir.

Pour faire un don (défiscalisé en France), ou pour en savoir plus :
soutien@chavagnes.org

Nous vous invitons également à télécharger la lettre des AMIS DU CARILLON DE CHAVAGNES et éventuellement en devenir membre. Cette associtation existe pour savegarder le patrimoine historique de notre bel edifice historique dans le respect de son identité catholique.

VOUS POUVEZ ENVOYER UN DON DIRECTEMENT AUX AMIS DU CARILLON, mais merci d’adresser en même temps un courriel à carillon@chavagnes.org avec vos coordonnés pour l’envoi d’un reçu fiscal (Impôt sur les Revenus).  Si vous payez des impôts, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt de : 66 % des dons faits à des organismes d’intérêt général, dans la limite de 20 % de vos revenus imposables, ce qui fait qu’un don de 1000 euros ne vous coûte réellement que 340 euros.

POUR DONNER EN LIGNE AUX AMIS DU CARILLON, OU POUR DEVENIR MEMBRE :

https://www.helloasso.com/associations/les-amis-du-carillon-de-chavagnes/adhesions/adhesion-a-l-association-des-amis-du-carillon-de-chavagnes

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COORDONNES BANCAIRES DES AMIS DU CARILLON

  • Nom du bénéficiaire : ASSOC. LES AMIS DU CARILLON DE CHAVAGNES

  • Adresse du bénéficiaire :
    COLLÈGE INTERNATIONAL 85250
    96 RUE DU CALVAIRE
    85250 CHAVAGNES EN PAILLERS, FRANCE

  • IBAN (Numéro de compte international) : FR76 1470 6001 7073 9790 7990 404

  • BIC (Code d’identification bancaire / SWIFT) : AGRIFRPP847

  • Code banque : 14706

  • Code guichet : 00170

  • Numéro de compte : 73979079904

  • Clé RIB : 04___________________

Dernières nouvelles

Chaleureux remerciements à Madame Denise Tenet pour son don exceptionnel de 20 000 euros à **LES AMIS DU CARILLON**, en soutien à nos travaux de rénovation.

Professeur T. Wojcik, Pologne. Merci au professeur pour son généreux don de 500 euros.

Merci à C. Hranek, États-Unis, pour son généreux don de 100 dollars.

Merci à la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Tolède pour son généreux don de 500 euros.

Un grand merci à Mr et Mrs Irving, Chester,  Angleterre, pour leur généreux don de £1,250.

Merci à D. Roberts du Royaume Uni pour son généreux don de £250.

Merci à Sandra Sleigh du Royaume Uni pour son généreux don de £250.

Un grand merci à Mr et Mme Shyrokyi, Lviv, Ukraine, pour leur don de 1000 euros.

Un grand merci à Mr et Mme Shaw du Royaume Uni pour leur don de 1000 euros.

Remerciements à Iwo Wojcik, ancien élève, pour son don de 500 euros.

Remerciements à Jacques de la Garde, ancien élève, pour son don de 100 euros.

Remerciements à Mr V Dubrule pour son généreux don de 3000 euros.

Merci à Mme de Brosses pour un don de 1500 euros.

Merci à Mr et Mme Ducarroz de l’Isère pour leur don de 2.000 euros.

Merci à Mr et Mme K de San Francisco pour leur don de 12.000 euros.

Merci à Mr et Mme P de Madrid pour le don de 20.000 euros.

Un grand merci à M. Samuel T., de Laval, pour son généreux don de 5 000 euros.

Notre gratitude sincère à M. et Mme D., de Vendée, pour leur aimable don de 300 euros.

Merci à nos anciens amis, M. et Mme Gibelin, de Paris, pour leur don de 500 euros en soutien à nos travaux.

Merci Faustine pour votre don de 200 euros.

Merci Michel pour votre don de 150 euros.

Un grand merci à Carlos qui habite à Madrid et nous avait confié son fils il y a quelques années, pour son son de 500 euros.

Un grand merci à nos amis Mr et Mme V à Paris pour leur don de 6.000 euros.

Remerciements particuliers à M. FX de R pour son don de 500 euros.

Remerciements particuliers à M. AP, parent d’un ancien élève, qui nous a envoyé 5 000 euros.

Un immense merci à Madame Denise Tenet, une sympathisante locale du Collège, pour son don extrêmement généreux de 20 000 euros.

Merci à Mme M de G pour son don de 600 euros.
Merci encore à M. et Mme B pour leur don généreux de 15 000 euros.

Un autre merci à Mme R pour son don de 1 000 euros.
Un grand merci à Monsieur Greg Morrison, ancien élève, pour son don récent de 1 170 €.

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